Les playmobil s'en vont en guerre

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Chapitre 34 - Le service de santé de la Grande Armée

De tous les services annexes des armées napoléoniennes, le service de santé fut l'un des moins organisés. Seuls, le dévouement et l'abnégation des officiers du corps de santé purent apporter quelques améliorations au sort des malheureux qui jonchaient les champs de bataille. Les chirurgiens militaires étaient, pour la plupart, des incapables et leurs rangs se grossissaient de jeunes gens de famille qui voyaient là un moyen d'échapper à la conscription. Et même si le service de santé de la Grande Armée comprenait une poignée d'hommes de haute valeur, tant chirurgiens que médecins, comme Larrey (surnommé "la providence du soldat" mais malheureusement, un peu trop partisan de l'amputation), Percy ou Desgenettes, il souffrait d'une pénurie de moyens incroyable, en grande partie pour les mêmes raisons qui marquaient le ravitaillement général. Le peu de matériel existant relevait non pas des officiers de santé, mais des commissaires de guerre de l'intendance, et cette absence d'autonomie paralysait l'organisation du transport des blessés.

 

L'évacuation des blessés avait généralement lieu sur des brancards improvisés avec des fusils. Les compagnies d'infirmiers militaires ne virent le jour qu'après Wagram. Toutefois, dès le début de l'Empire, Larrey se préoccupa sérieusement du problème et conçut des divisions d'ambulances volantes comprenant chacune douze voitures légères, bien suspendues et bien aérées, les unes à deux roues pouvant transporter deux blessés allongés, les autres à quatre roues capables d'emporter quatre blessés. A côté de ces ambulances de Larrey, apparurent "les caissons de Wurtz", préconisés par Percy, qui étaient de grands coffres roulants très maniables, tractés par six chevaux et contenant les moyens de secours pour 1200 blessés, avec quatre chirurgiens et aides, montés à califourchon sur le coffre pendant les déplacements. Mais ce matériel si utile, réalisé en trop petite quantité, resta la plupart du temps au seul service de la Garde impériale.

 

L'organisation théorique n'était pourtant pas mauvaise, on y trouvait :

- des divisions d'ambulances volantes affectées aux divisions d'infanterie, d'artillerie de de cavalerie qui s'occupaient des ramassage des blessés de leur division, de leur transport vers les dépôts (ou à défaut vers les églises ou les monastères les plus proches) ainsi que de l'enterrement des morts.

- des dépôts d'ambulance qui étaient des hôpitaux temporaires divisés en hôpitaux de ligne (répartis sur trois lignes de plus en plus éloignées du champ de bataille) et en hôpitaux spéciaux (pour les galeux et vénériens) et enfin les dépôts de convalescence.

 

Chaque régiment était assisté d'un chirurgien-major, de quatre ou cinq aides-chirurgiens et pour la cavalerie d'un vétérinaire. Mais, en dehors de la Garde impériale, ces praticiens étaient en majorité des opérateurs empiriques ou représentant le rebut de la médecine qui ne disposaient, pour les soins d'urgence et pour chaque régiment, que d'un caisson contenant 54 kg de linge à pansements, 12,5 kg de charpie et d'une caisse d'outils à amputation.

 

En arrière de la ligne de combat, lorsque les dépôts d'ambulance de la Grande Armée étaient pleins ou débordés, les blessés étaient soit acheminés dans les hôpitaux des pays occupés, soit à défaut, dans les couvents et les églises. En majeure partie des médecins de nationalités ennemies (prussiens ou autrichiens) y prodiguaient alors les soins, presque toujours avec un grand dévouement qui les rendirent dignes d'éloges. Les conditions d'hygiène y étaient généralement lamentables et les épidémies de typhus et de dysenterie y tuaient plus que la mitraille sur le champ de bataille.

 

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04/08/2015
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