Les playmobil s'en vont en guerre

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Chapitre 14 - L'artillerie régimentaire

L'artillerie napoléonienne se composait de pièces de 4, 8 et 12 livres (poids du boulet) et d'obusiers de 6 pouces. C'était, à quelques modifications près, l'artillerie mise au point par l'ingénieur Gribeauval en 1776. Les projectiles étaient, pour les canons, des boulets pleins en fonte de fer, aussi dangereux par ricochets que par impact direct. La portée efficace était de 500 à 900 mètres selon le calibre, mais la pièce de 4 se révélait encore dangereuse à 1.250 mètres et celle de 12 jusqu'à 1.800 mètres. Lorsque l'ennemi était assez proche, les artilleurs utilisaient un autre type de projectile : le biscaîen ou boîte à mitraille, qui expédiait ses balles à la façon dont un fusil de chasse disperse ses chevrotines. Le boulet était toujours ensaboté, c'est-à-dire fixé à un "sabot" de bois cylindrique qu'on glissait dans un sachet en serge contenant la gargousse pleine de poudre.

 

Pour tirer, on introduisait cette espèce de cartouche dans la gueule du canon et l'on enfonçait en la calant d'un bouchon de paille avec l'aide du refouloir. Par la "lumière" qui s'ouvrait sur la culasse pour la mise à feu, on crevait la gargousse à l'aide du dégorgeoir, ce qui répandait la poudre dans la culasse. On plaçait alors un mèche dans la lumière et on y mettait le feu. Le personnel nécessaire au service d'une pièce variait, selon son calibre, de 8 à 15 hommes.

 

Les munitions étaient transportées dans des caissons qui contenaient de 48 à 100 cartouches à boulets et 20 à 50 cartouches à mitraille. Les caissons étaient au nombre de 2 à 5 selon le calibre de la pièce. En outre, chaque canon disposait d'un coffret d'affût où 9 à 18 cartouches à boulets lui permettaient de faire face à toute éventualité en attendant l'arrivée de ses caissons. L'obusier tirait des projectiles sphériques creux, remplis de poudre et dotés d'une fusée dont la longueur déterminait l'explosion en l'air ou au sol. Ces obus étaient particulièrement utiles pour l'incendie et la destruction des maisons transformées en fortins par l'adversaire. Le rythme de tir de toute cette artillerie était de 1 ou 2 coups à la minute. A côté de cet arsenal mobile venaient les pièces de l'artillerie de place et des côtes, qui alignait des canons de 10 et 12 pouces. L'artillerie de campagne était tractée par des chevaux que conduisaient les soldats du train, à raison de quatre chevaux par pièce.

 

Les soldats du train d'artillerie constituaient par définition un corps massif, astreint à la dépendance, qui assistait aux batailles plutôt qu'il n'y participait. Le stoïcisme de ces soldats tranquilles et méprisant le danger leur valut une réputation de bravoure qui n'était certes pas usurpée. A la fin de l'Empire, ils formaient vingt-six bataillons. Napoléon, qui ne disposa jamais de tous les canons qu'il avait souhaités, ne cessa jamais d'augmenter de son mieux cette artillerie qui devait compenser à ses yeux la diminution de valeur de son infanterie, dont les vieux soldats disparaissaient, dévorés par les campagnes successives. L'artillerie comptait trois cents compagnies dans les derniers temps de l'Empire, ayant chacun 6 ou 8 pièces. Elles se répartissaient entre les neufs régiments à pied et les six régiments à cheval. Tous ces soldats faisaient preuve d'une discipline exemplaire et d'un courage à toute épreuve, préférant se faire tuer sur leurs pièces que de se rendre.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol. I)

 

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Artilleurs à pied affairés à recharger un canon de 4 livres, à droite un artilleur à cheval (1805).



06/02/2015
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