Les playmobil s'en vont en guerre

Les playmobil s'en vont en guerre

Premier Empire


Chapitre 02 - Les grenadiers à pied de la garde

Le 28 floréal an XII (18 mai 1804), Napoléon créa la Garde impériale. Il ne se contenta pas de changer le nom de son ancienne Garde consulaire, simple unité assurant la protection du gouvernement à l'intérieur, mais fit de sa garde un corps d'armée de tout premier ordre, d'un effectif double et totalement dévoué à sa personne.

 

De cette armée "à part", l'Empereur veilla toujours jalousement à ce que rien ne fût imprimé. Même le journal militaire officiel ne publia jamais une seule ligne sur la Garde impériale; ainsi, l'ennemi ne saurait par quels moyens le "petit caporal" s'attachait ces soldats d'élite.

 

Les guerres incessantes entraînèrent une augmentation constante des effectifs, particulièrement après le désastre de 1812. Forte de 9.775 hommes en 1804, la Garde impériale devait théoriquement compter 23.934 combattants en 1809 et, se développant sans cesse, atteindre 126.850 hommes en 1815. En fait, elle ne comptait que 17.498 soldats en janvier 1814 !

 

Les grenadiers à pied de la garde qui se taillèrent une gloire immortelle furent dispersés après Waterloo. Quelques uns prirent du service dans la Garde royale, d'autres s'expatrièrent en Turquie, en Grèce ou en Amérique.  La plupart rentrèrent chez eux, où ils durent subir avec plus ou moins de résignation les brimades et les vexations des autorités constituées.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol.II)


09/10/2014
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Chapitre 04 - L'infanterie légère anglaise

Le général Sir John Moore (1761-1809) avait imaginé de doter l'armée britannique d'une infanterie légère capable de rivaliser avec les voltigeurs français. Il avait créé la première unité de ce genre avec son propre régiment. Cinq autre régiments furent, par la suite, convertis de la même manière : 43ème ou the Monmouthshire Regiment, 51ème ou the 2nd Yorshire (West Riding) Regiment, 52ème ou the Oxfordshire Regiment, 68ème ou the Durham Regiment, 71ème Highland Regiment, 85ème régiment  ou the Bucks Volunteers.

 

Fût enfin créée une infanterie super légère, venue de la guerre d'indépendance américaine et calquée sur les chasseurs allemands. Habillés de vert bouteille, ces soldats étaient armés de la carabine Baker et du sabre-baïonnette. Deux régiments furent ainsi composés de chasseurs : le 60ème Royal American Regiment avec distinctifs rouges et le 95ème régiment : Rifle Corps, avec distinctifs noirs.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol. I)

 


03/01/2015
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Chapitre 06 - La mort tragique du maréchal Lannes

Le 22 mai 1809, alors qu'il est sur le point de vaincre les Autrichiens près de Vienne à Aspern-Essling, il reçoit l'ordre de s'arrêter par suite d'une rupture de ravitaillement. Lors de cette courte accalmie, il se promène sur le champ de bataille avec son ami le général Pouzet qu'il connaît depuis seize ans; celui-ci est tué sous ses yeux, atteint à la tête par une balle perdue. Bouleversé, Lannes s'éloigne du cadavre et va alors s'asseoir sur une petite butte. Là, un petit boulet de trois livres, après avoir ricoché, vient le frapper à l'endroit où ses genoux sont croisés.

 

Sa rotule gauche est brisée, les os sont fracassés, les ligaments, déchirés et les tendons, coupés. L'artère poplitée est rompue. Quant à la jambe droite, elle a le jarret déchiré. Transporté sur une île du Danube, l'île de Lobau, il y est amputé de la jambe gauche par Dominique-Jean Larrey, le chirurgien de la Garde. Après quatre jours, où l'état du maréchal paraît satisfaisant, donnant à penser qu'il allait survivre à l'opération, Lannes est pris brutalement de fièvres et de délires. Son état s'aggrave et aucun des médecins présents, Larrey, Yvan, Paulet et Lannefranque, ne peut le sauver de la gangrène qui s'est déclarée. Le 29 mai, Napoléon, extrêmement affecté, restera une demi-heure au chevet de son ami. Jean Lannes meurt dans la nuit du 30 au 31 mai, à cinq heures quarante-cinq. Son corps est inhumé au Panthéon. Sa veuve, dame d'honneur de l'impératrice Marie-Louise, refusera tout nouveau mariage.

(extrait de Wikipédia)

 

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Lannes à la tête de ses troupes à Essling (inspiré de la gravure du même nom par Jean-Charles Nicaise Perrin).


31/12/2014
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Chapitre 08 - Le 79ème régiment of Cameron Highlanders

Le 79ème régiment à pied "Cameron highlanders" est levé en 1793 à partir de membres du clan Cameron et intégré à l'armée britannique en 1804. En effet, la bataille de Culloden en 1746 scelle le sort de l'écosse dans ses rêves d'indépendance, et l'Angleterre va incorporer dans ses rangs des régiments d'écossais. L'organisation du régiment était identique à celle d'un régiment anglais, formé de dix compagnies par bataillon, mais avec un recrutement plus homogène étant effectué principalement dans la région du clan. Ces féroces soldats vont combattre l'armée française pendant toute la période de l'Empire.

 

Les écossais se distinguaient par leur coiffure en plume d'autruche et leur kilt bigarré. Les régiments originaires des Lowlands (Basses-Terres) étaient habillés comme l'infanterie de ligne anglaise. Le duc de Wellington fit ses débuts dans les rangs du 73ème Highlanders (1787).

 

 

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 Au premier plan, soldat du 79ème régiment of Cameron Highlanders.


07/11/2014
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Chapitre 10 - Les chasseurs à cheval

Sous le premier Empire, le gros de la cavalerie légère est constitué par les chasseurs à cheval qui jouent un rôle d'importance comme éclaireurs de l'armée. Cavaliers légers, les chasseurs avaient pour mission d'éclairer le terrain, de surveiller l'ennemi, de surprendre ses avant-postes et ses convois. Ils n'hésitaient pas à charger les carrés et s'illustrèrent sur tous les champs de bataille. Les chasseurs pouvaient être utilisés pour poursuivre les unités ennemies en déroute, cette unité de cavalerie était alors comme la dague dans la main de l'armée qui achevait les blessés.

 

Forts de vingt-quatre régiments en 1804, moins les 17ème et 18ème vacants, les chasseurs à cheval s'augmentèrent par la suite de sept nouveaux régiments. L'armement comprenait un sabre courbe de cavalerie légère, modèle an II, un mousqueton long de 1,11 m et des pistolets (plus souvent un que deux).

 

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Des chasseurs du 16ème régiment chargent un carré anglais (waterloo 1815).


07/02/2015
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Chapitre 12 - Le duc de Wellington

Général et homme politique britannique, Arthur Wellesley naquit à Dublin en 1769 et mourut en 1852.

 

C’est dans les années de guerre contre le premier Empire qu’eurent lieu les événements qui permirent à Wellesley de rentrer dans l’Histoire. À cette époque, Napoléon contrôle la majeure partie de l'Europe et le gouvernement britannique cherche des moyens de contrer la menace qu'il est devenu.

 

Après une expédition au Danemark, Wellesley est promu lieutenant-général et transféré dans la péninsule ibérique. Bien que le combat soit assez mal engagé, c’est l’unique endroit du continent européen où les Britanniques et les Portugais ont réussi à se battre contre la France et ses alliés. Wellesley bat les Français à Roliça et à Vimeiro en 1808. L’accord de Sintra qui en résulte et qui stipule que l’armée britannique évacuerait les Français hors de Lisbonne est très critiqué et Wellesley est brièvement rappelé au Royaume-Uni. Au même moment, pourtant, Napoléon vient lui-même en Espagne, et lorsque le général John Moore est tué à la bataille de la Corogne, Welleslley est nommé commandant en chef de toutes les forces britanniques au Portugal.

 

Revenant dans la péninsule ibérique en avril 1809, il bat l’armée du roi Joseph d'Espagne (le frère aîné de Napoléon) à la bataille de Talavera. Après cela, il est élevé à la pairie en tant que Vicomte Wellington, de Talavera et de Wellington (Somerset). Il repousse les forces françaises hors du Portugal en 1810 et 1811 et est promu général et fait duc de la Victoire pour ses services dans ce pays. Traversant l’Espagne, il bat les Français à la bataille de Salamanque et prend Madrid en 1812. Cette année-là, une contre-attaque française met l’armée britannique dans une position difficile mais Lord Wellington reçoit le commandement de toutes les armées alliées en Espagne et est fait Marquis de Wellington le 3 octobre. Promu maréchal, Wellington conduit une nouvelle offensive en 1813, culminant à la bataille de Vitoria, nette victoire britannique qui ramène l'armée impériale en France. Il envahit la France et se heurte au maréchal Soult qui dirige la défense de Toulouse le 10 avril 1814. L'issue de cette bataille, objet de débats, marque la fin de la campagne de 1814. Le 11, Napoléon signe le Traité de Fontainebleau, conclu le 6, et est exilé à l’île d'Elbe.

 

Acclamé en héros, Wellington est fait duc de Wellington, titre toujours porté par ses descendants. Il est bientôt nommé ambassadeur en France, puis prend la place de Lord Castlereagh comme plénipotentiaire au congrès de Vienne, où il plaide énergiquement pour que soit permis à la France de garder sa place dans l’équilibre des puissances européennes. Le 2 janvier 1815, il est fait Chevalier Grande-Croix de l’Ordre du Bain. Le 26 février 1815, Napoléon quitte son exil à Elbe. Débarque en France le premier mars et le vingt retrouve le contrôle du pays. Il doit alors faire face à la formation à nouveau d'une dernière coalition contre lui. Wellington quitte alors Vienne pour prendre la tête des forces britanniques et alliées durant la campagne de Belgique. Il arrive à son poste et son avant-garde combat les Français à la bataille de Quatre-Bras avant de se replier. Deux jours plus tard, le 18 juin, Wellington, avec l’appui des forces prussiennes commandées par Gebhard Leberecht von Blücher bat définitivement Napoléon à la bataille de Waterloo. L’Empereur français abdique une nouvelle fois le 22 juin, et est exilé par les Britanniques sur l’île de Sainte-Hélène.

 

Fasciné par le souvenir de l'Empereur, il passait de longues heures, assis devant son tableau, silencieux.

(extrait de Wikipédia)

 

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 Le duc de Wellington à Waterloo inspiré d'une peinture du même nom par Robert Alexander Hillingford.


10/01/2015
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Chapitre 14 - L'artillerie régimentaire

L'artillerie napoléonienne se composait de pièces de 4, 8 et 12 livres (poids du boulet) et d'obusiers de 6 pouces. C'était, à quelques modifications près, l'artillerie mise au point par l'ingénieur Gribeauval en 1776. Les projectiles étaient, pour les canons, des boulets pleins en fonte de fer, aussi dangereux par ricochets que par impact direct. La portée efficace était de 500 à 900 mètres selon le calibre, mais la pièce de 4 se révélait encore dangereuse à 1.250 mètres et celle de 12 jusqu'à 1.800 mètres. Lorsque l'ennemi était assez proche, les artilleurs utilisaient un autre type de projectile : le biscaîen ou boîte à mitraille, qui expédiait ses balles à la façon dont un fusil de chasse disperse ses chevrotines. Le boulet était toujours ensaboté, c'est-à-dire fixé à un "sabot" de bois cylindrique qu'on glissait dans un sachet en serge contenant la gargousse pleine de poudre.

 

Pour tirer, on introduisait cette espèce de cartouche dans la gueule du canon et l'on enfonçait en la calant d'un bouchon de paille avec l'aide du refouloir. Par la "lumière" qui s'ouvrait sur la culasse pour la mise à feu, on crevait la gargousse à l'aide du dégorgeoir, ce qui répandait la poudre dans la culasse. On plaçait alors un mèche dans la lumière et on y mettait le feu. Le personnel nécessaire au service d'une pièce variait, selon son calibre, de 8 à 15 hommes.

 

Les munitions étaient transportées dans des caissons qui contenaient de 48 à 100 cartouches à boulets et 20 à 50 cartouches à mitraille. Les caissons étaient au nombre de 2 à 5 selon le calibre de la pièce. En outre, chaque canon disposait d'un coffret d'affût où 9 à 18 cartouches à boulets lui permettaient de faire face à toute éventualité en attendant l'arrivée de ses caissons. L'obusier tirait des projectiles sphériques creux, remplis de poudre et dotés d'une fusée dont la longueur déterminait l'explosion en l'air ou au sol. Ces obus étaient particulièrement utiles pour l'incendie et la destruction des maisons transformées en fortins par l'adversaire. Le rythme de tir de toute cette artillerie était de 1 ou 2 coups à la minute. A côté de cet arsenal mobile venaient les pièces de l'artillerie de place et des côtes, qui alignait des canons de 10 et 12 pouces. L'artillerie de campagne était tractée par des chevaux que conduisaient les soldats du train, à raison de quatre chevaux par pièce.

 

Les soldats du train d'artillerie constituaient par définition un corps massif, astreint à la dépendance, qui assistait aux batailles plutôt qu'il n'y participait. Le stoïcisme de ces soldats tranquilles et méprisant le danger leur valut une réputation de bravoure qui n'était certes pas usurpée. A la fin de l'Empire, ils formaient vingt-six bataillons. Napoléon, qui ne disposa jamais de tous les canons qu'il avait souhaités, ne cessa jamais d'augmenter de son mieux cette artillerie qui devait compenser à ses yeux la diminution de valeur de son infanterie, dont les vieux soldats disparaissaient, dévorés par les campagnes successives. L'artillerie comptait trois cents compagnies dans les derniers temps de l'Empire, ayant chacun 6 ou 8 pièces. Elles se répartissaient entre les neufs régiments à pied et les six régiments à cheval. Tous ces soldats faisaient preuve d'une discipline exemplaire et d'un courage à toute épreuve, préférant se faire tuer sur leurs pièces que de se rendre.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol. I)

 

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Artilleurs à pied affairés à recharger un canon de 4 livres, à droite un artilleur à cheval (1805).


06/02/2015
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Chapitre 17 - Les hussards

Au nombre de treize en 1793, les régiments de hussards avaient successivement été réduits à douze régiments en 1799 puis à dix en 1803.

Les hussards avec leur pelisse, leur dolman et leur sabre-tache, étaient les plus chatoyants cavaliers de l'Empire. Leurs régiments rivalisaient d'élégance et, plus que tous les autres, offraient à l’œil le plus brillant spectacle. Qu'ils fussent bleus, rouges ou bruns, ils étaient pourtant identiques : tous bravaches, provocants et théâtraux; toujours pimpants et toujours débrouillards. L'éclat même de leur uniforme les obligeait à se surpasser, leur interdisait d'être quelconques. Aussi les vit-on galoper d'exploits en exploits, sans rivaux en pays ennemi, opérant des raids lointains sans se soucier de leurs arrières. Comme coiffure, les hussards portaient, en 1804, un shako noir à cordon blanc et à plumet de la couleur distinctive. Leurs cheveux tressés en nattes épaisses sur les temps jouaient un rôle protecteur contre les coups d'armes blanches. Comme armes, le hussard avait le sabre de l'An IV et le mousqueton du modèle 1786.

 

En 1810, le 11ème régiment de hussards fut créé à partir du régiment de hussards hollandais; il fut le seul dont le dolman était garni de mouton blanc. Sa compagnie d'élite était également la seule à porter le colback en peau d'ours blanc. La même année, un douzième régiment fut organisé en Espagne avec les escadrons du 9ème hussards, dont il garda l'uniforme, sous la dénomination de 9ème régiment bis de hussards.

 

La témérité et l'audace des hussards éclaircissaient rapidement leurs rangs. Ainsi le 10ème régiment, qui s'était vu attribuer vingt-cinq croix de la Légion d'honneur par l'Empereur à la veille de la bataille de Lützen (1813), ne comptait plus dans ses rangs, à l'appel au lendemain soir, que cinq de ses nouveaux décorés !

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol. I)

 

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15/10/2014
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Chapitre 19 - La charge des Scots Greys

18 juin 1815, Waterloo.

Après la retraite du 1er corps de D'Erlon, Wellington lance le 2ème régiment de dragons écossais encore appelés Scots Greys en raison de la robe des chevaux qui équipaient l'ensemble du régiment. Le régiment charge l'infanterie française avec sa brigade sous le commandement du général William Ponsonby. Cette dernière en enfoncée et le sergent Charles Ewart s'empare de l'aigle du 45ème régiment d'infanterie de ligne (l'aigle impérial napoléonien sera dès lors intégré à l'insigne du régiment). Seule la brigade du général Bachelu, qui parvient à former le carré, résiste. Couverts par la mitraille et malgré de lourdes pertes, les Scots Greys s'en prennent ensuite à la grande batterie française. Mais Napoléon réagit et envoie le 4ème lanciers et les cuirassiers du général Milhaud pour enrayer l'avance de la cavalerie britannique. La contre-offensive est un succès : les écossais sont décimés par les français et doivent se replier en désordre. Le général Ponsonby est tué ainsi que le colonel James Hamilton, le régiment perdant un total de 14 officiers et 185 dragons (sur un effectif déployé de 396 hommes). Cette charge devenue célèbre constitue le principal fait d'armes du régiment.

 

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Scot Greys du 2ème régiment, avec détail du bonnet à poil en médaillon.


28/04/2017
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Chapitre 21 - L'infanterie napoléonienne

Le grand ennemi des fantassins était la cavalerie, qui, si elle tombait sur une unité d'infanterie étirée, n'avait aucune difficulté à la disperser et à la sabrer. Aussi avait-on imaginé la formation en carré. La carré de bataillon fut le plus souvent employé sous l'Empire parce que plus rapide, plus simple à réaliser. Les compagnies d'élite occupaient alors les angles et le centre du carré, qui pouvait faire feu de tous côtés et opposer aux charges des cavaliers le redoutable rang des baïonnettes dont chaque face de la formation se hérissait. Pour l'attaque, l'infanterie se disposait en colonne par division, formation à partir de laquelle elle pouvait se déployer en bataille très rapidement et fournir contre l'ennemie toute la puissance de feu de ses compagnies allongées sur un seul rang, ou, tout aussi vite, adopter la formation défensive en carré.

 

Contrairement à ce que les brillantes victoires des premières années pourraient faire croire, l'armement du fantassin laissait fort à désirer. Son arme principale, le fusil datait de 1777 et, malgré quelques modifications, restait médiocre et inférieure en tout cas à la plupart des fusils de l'ennemi, à tel point que le soldat français remplaçait souvent son arme réglementaire par un fusil ennemi ramassé sur le champ de bataille. Le fusil à silex français pesait 4,65 kg et mesurait 1,53 m, il tirait avec précision jusqu'à cent dix mètres et devenait extrêmement imprécis au-delà de deux cents mètres. Sa balle sphérique, d'un calibre de 17,5 mm, était enfermée avec sa charge de poudre dans une cartouche en papier que le soldat devait déchirer avec ses dents afin de faire glisser la poudre dans le canon, la bourrer à l'aide de l'enveloppe et la tasser avec la baguette. Il lui fallait ensuite introduire la balle, la pousser contre la bourre, garnir le bassinet de poudre d'amorce. L'opération se faisait en douze temps et durait une minute...Encore heureux si après une telle manœuvre le coup voulait bien partir,  car les ratés dus aux défauts de la platine à silex étaient nombreux ! 

 

Ces défauts, alliés au caractère plein de vivacité du soldat français, portaient trop souvent ce dernier à ne compter que sur sa baïonnette à section triangulaire et longue de 40 cm, même si elle était peu robuste. Le côté rudimentaire et l'imprécision des armes à feu de l'époque ont forcé les tirs d'infanterie, afin d'obtenir une efficacité suffisante, à être délivrés en masse. Ainsi, deux cents mousquets tirant en même temps pouvaient laisser espérer, à environ 60 mètres, un nombre de coups allant au but allant de 10 à 20 % seulement ! C'est cet impératif de fournir un volume de feu important qui a amené les unités d'infanterie à manœuvrer en ordre serré, que ce soit en ligne, en colonne ou en carré. Le soldat disposait de cinquante cartouches et de trois pierres à fusil.  Outre la baïonnette, il était doté d'un petit sabre courbe, le briquet.

 

Les cheveux des fantassins étaient liés en queues au début de l'Empire; seuls quelques-uns avaient les cheveux coupés courts "à la Titus", à l'instar de Napoléon qui devait à cette coiffure son surnom de "Petit Tondu". Les queues atteignaient parfois des dimensions étonnantes et leurs possesseurs s'en montraient fiers; ils durent cependant s'incliner et se résoudre à sacrifier cet ornement aux ciseaux de perruquiers.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol.I)

 


06/10/2014
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Chapitre 23 - Les musiciens de l'Empire

Les musiciens étaient loin de ne jouer une rôle que dans les parades prestigieuses de l'Empire. Napoléon, peu intéressé par la musique en général, n'ignorait pas pour autant le puissant effet qu'elle faisait sur le soldat et sur le peuple. En dehors de sonneries et batteries réglées par les ordonnances, tel le réveil, la diane ou l'extinction des feux, les airs joués par les bandes instrumentales étaient le plus souvent extraits du répertoire de vaudeville; les vieux airs républicains pourtant si populaires quelques années plus tôt n'inspiraient plus que méfiance à l'Empereur, qui les trouvait trop entachés de sang frais.

Ainsi les soldats défilaient-ils superbement au son de "J'aime l'oignon frit à l'huile", tiré d'une opérette en vogue. Tous les "timbres" populaires vifs d'allure, carrés de forme, étaient adaptés par les chefs de musique qui se mirent bientôt à composer force marche et pas redoublés. L'un d'eux, nommé Gebauer, en écrivit un grand nombre considérés comme les meilleurs du temps. Ce compositeur devait disparaître pendant la désastreuse campagne de Russie avec la plupart des musiciens.

Sur le champ de bataille, les musiciens servaient à l'approvisionnement en cartouches ainsi qu'au ramassage des blessés. Les cornets d'infanterie légère, les fifres et les tambours jouaient également un rôle important dans la vie militaire. La virtuosité des tambours étaient particulièrement remarquable. La célèbre "Batterie d'Austerlitz", avec ses variations rythmiques et ses oppositions de sonorités obtenues par l'alternance des coups de baguettes frappant la peau ou le rebord de la caisse, constituait une véritable "sonate pour tambour". La difficulté de son exécution exclut l'hypothèse qu'elle est put être jouée durant la bataille dont elle porte le nom. Les tambours étaient généralement très braves et on les voit souvent arriver sur l'ennemi les premiers.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol. I)

 

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Tambour du 2ème régiment de grenadiers hollandais (1809-1811).


11/05/2017
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Chapitre 25 - Les chevau-légers lanciers

Tards venus dans l'armée impériale, les chevau-légers français avaient été créés le 18 juin 1811. Les premiers contacts avec les cosaques avaient montré à Napoléon que leur arme, la lance, manquait encore à son armée. Il avait alors levé en Pologne, trois régiments de lanciers et avait ensuite étendu cette innovation à l'armée française en adjoignant aux cuirassiers six régiments de chevau-légers lanciers, composés de soldats tirés de régiments de dragons.

 

La lance ainsi introduite dans la panoplie de la Grande Armée mesurait 2,75 m de long. La sabre de cavalerie légère, un pistolet et un mousqueton ajoutés à la lance constituaient une lourde et encombrante charge, pour le cavalier, qui ne manquait pas de se débarrasser soit de sa lance, soit de son mousqueton à la première occasion. L'uniforme était l'habit-veste vert foncé aux poches figurées par une patte à la Soubise. Collet, revers, parements possédaient des couleurs distinctes : écarlate pour le Ier régiment, aurore pour le deuxième, rose au troisième, cramoisi au quatrième, bleu ciel au cinquième et garance au sixième. le casque de dragon protégeait la tête; il était surmonté d'une chenille noire, blanche pour les trompettes. L'équipement du cheval consistait en une chabraque en peau de mouton que bordait une bande de drap découpée en dents de scie, de la couleur propre au régiment.

 

Ainsi que la plupart des autres armes, les officiers portaient le même uniforme que la troupe, mais taillé dans un drap plus fin et galonné d'or. Apparus aux mauvais jours, les élégants chevau-légers entrèrent dans la légende avec la campagne de Russie, pour finir à Waterloo, mêlés aux cuirassiers dans des charges frénétiques, désespérées et inutiles, au cri de "Vive l'Empereur !".

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol. I)

 


21/06/2015
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Chapitre 27 - Les éclaireurs de la Garde

Trois régiments d'éclaireurs à cheval furent créés dans la Garde le 09 décembre 1813. Chacun se divisait en 4 escadrons de 250 hommes. On recruta le premier et le deuxième régiment au moyen de conscrits et de cavaliers de la ligne, le troisième parmi les Polonais. Ces régiments étaient attachés respectivement aux grenadiers à cheval, aux dragons et aux lanciers polonais.

Les deux premiers étaient composés à parts égales de Vielle et de Jeune Garde. Pleins de fougue et de courage, ces soldats ne jouaient jamais le rôle de véritables éclaireurs; en 1814, les deux premiers régiments furent incorporés dans la ligne et le troisième renvoyé en Pologne.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol.II)

 

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Eclaireur du 1er régiment (1813).


28/04/2017
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Chapitre 29 - Les dragons

En 1805, en Allemagne, les dragons avaient profondément déçu l'Empereur : ils ne savaient combattre convenablement ni à cheval ni à pied. Leurs défaillances étaient dues à des officiers qui, par désir de briller, avaient inconsidérément compliqué les exercices, et cela n'avait produit sur le terrain que désordre et confusion. Toutefois, à Wertingen, le 8 octobre, les dragons se rachetèrent brillamment : ils conquirent pied à pied toutes les maisons du village, préludant ainsi à la prise d'Augsbourg. Napoléon en fut tellement impressionné qu'il admit, l'année suivante, un régiment de dragons dans sa fameuse Garde.

L'uniforme n'avait guère changé depuis 1791 : habit de drap vert foncé, vestes et culottes blanches. Le casque à cimier, en cuivre, était garni d'un turban en peau de veau marin et surmonté d'une crinière noire.

Envoyés en Espagne où ils s'achevèrent de s'aguerrir, les dragons acquirent une telle réputation que leur rappel en France, lors des désastres de 1814, fut considéré comme le dernier espoir de salut. A Nangis et à Provins, l'impétuosité de leurs charges fit reculer l'envahisseur, mais leurs efforts héroïques ne purent détourner la marche inexorable du Destin.

(extrait de l'uniforme et les armes des soldats du premier Empire vol.I)

 

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Au premier plan, dragon du 4ème régiment.


27/12/2016
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Chapitre 32 - Les lanciers polonais

Sous l'Empire, une armée polonaise qui atteignit jusqu'à 100.000 hommes combattit dans les rangs français, depuis Madrid jusqu'à Moscou. Sa contribution à la victoire française de Friedland sur les Russes le 14 juin 1807 incita l'Empereur à restaurer un petit état polonais indépendant sous la forme du Grand-Duché de Varsovie lequel fut agrandi après la nouvelle victoire commune de Wagram le 05 juin 1809.

Sait-on, à propos des prouesses militaires polonaises sous l'Empire, que l'expression française "saoul comme un polonais", à priori si péjorative, fut forgée par Napoléon 1er pour saluer le courage de ses troupes polonaises ? En Espagne, une charge décisive des chevau-légers polonais de Kozietuiski emporta en novembre 1808 le défilé de Somo-Sierra, gorge étroite défendue par de meurtrières batteries espagnoles et dont la prise ouvrit la route de Madrid. A l'Empereur qui fit défiler le reste de sa Garde devant les survivants de cette unité d'élite, des généraux français jaloux firent observer qu'ils étaient saouls. "Alors, Messieurs, sachez être saouls comme des Polonais", leur rétorqua Napoléon. Et ce fut de cent lanciers polonais qu'il choisit de composer sa Garde pendant son exil sur l'île d'Elbe.

La lance ! Voilà l'arme de prédilection des cavaliers polonais. Sur 22 régiments de cavalerie, on en compte 16 de lanciers. Et ils savent s'en servir. Leurs charges sont féroces et malheurs à leurs ennemis, surtout s'ils sont russes.

Outre des troupes nombreuses et valeureuses, la Pologne fournit à l'Empire l'un de ses plus célèbres généraux, le prince Joseph Poniatowski, tué à la célèbre "bataille des nations" qui s'est déroulé près de Leipzig le 19 octobre 1813 : blessé et encerclé, alors que le dernier pont sur l'Elster avait été malencontreusement détruit par les sapeurs français, il se jeta à cheval dans le fleuve et se noya plutôt que de se rendre à l'ennemi. Le portrait de ce grand guerrier, qui fut à la fois Maréchal de Pologne et Maréchal de France, orne la résidence de l'Ambassade de France à Varsovie.

 

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7ème régiment de lanciers polonais (1811).


27/12/2016
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